Souvenons-nous !

Le monument aux morts - La stèle

La commémoration est une institution qui fabrique du sens politique.

La pratique des commémorations, entretien notre conscience historique, et nous installe dans un certain rapport au temps: la commémoration rappelle l’origine fondatrice de la Nation, et la réactualise, mais en même temps, elle imprime au temps une direction, vers un certain accomplissement à venir. Nous tirons de l’expérience du passé, des convictions et un idéal pour l’avenir.

Dans la commémoration, un peuple s’institue comme peuple politique, il pose ses valeurs, décide de ce qui compte et de ce qui doit le déterminer. La commémoration rappelle la dette à l’égard des morts, mais en fait, son enjeu principal est de favoriser, par l’émotion produite, un engagement commun, solennel et partagé vers une direction fondamentale. On convoque le souvenir des morts, pour dire aux vivants rien ne vaut la vie, mais certains sacrifices disent ce qui vaut la peine de mettre la vie en jeu. La mémoire donne sa boussole à la vie collective.

Les commémorations doivent pourtant être menées sous un contrôle critique, en cherchant une juste mémoire. Là où il n’y a que de la commémoration et un enseignement scolaire de l’histoire peu critique, il y a propagande et conditionnement. Prenons garde que des cérémonies trop figées ou magistrales, ne viennent semer la défiance dans l’esprit de nos jeunes générations, en leur imprimant, par la vision effarante de grandes manifestations totalitaires ou tyranniques, des tentations nationalistes et fanatiques, ou au contraire, être ressenti comme une saturation, car trop répétitives et produisant une usure du sens, en figeant le questionnement dans des clichés.

Cette année, à Diémoz, pour le 11 novembre, lors de la célébration du centenaire de l’UMAC, les rituels furent réinventés. Aux discours officiels on associa l’exposition : « Les Héros oubliés » ; les différentes sonneries aux morts, d’habitude jouées sur la chaine stéréo de la mairie, furent confiées à Justine Viry, une jeune flutiste tout à fait talentueuse, qui assuma pleinement son rôle, sous l’admiration des participants. Après le dépôt de gerbes, traditionnel, les écoliers déposèrent un bouquet pour chaque Diémois « mort pour la France » et des lettres de « poilus » furent lues par quelques-uns d’entre eux. En tête de défilé, la vielle Willys MB, plus connue sous son surnom de « jeep », bien sûr complètement invraisemblable au cours de la Grande Guerre, remporta néanmoins un vif succès auprès des plus jeunes, tout spécialement grâce au petit ours en peluche accroché à son pare-brise.

Cette cérémonie fut particulièrement réussie. Faisons que la mémoire des événements demeure vivante et chargée de sens, lors des prochaines commémorations.

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